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→ Quand et comment Monem a été arrêté ?
→ Quelles sont les charges qui pèsent sur Monem ?
→ Quelle est la situation juridique actuelle de Monem ?
→ Comment ses parents réagissent-ils à son arrestation ?
→ Est-ce que c’est la première fois que Monem est arrêté ?
→ Pouvez-vous me donnez plus d’information sur le parcours de Monem
→ Quel genre de blogueur est Monem ?
→ Qu’en est-il du travail de Monem en tant que défenseur des droits de l’homme ?
→ Comment Monem est-il une menace pour gouvernement égyptien ?
Quand et comment Monem a été arrêté ?
Le blogueur et journaliste égyptien, Abdel-Monem Mahmoud, a été à nouveau arrêté, dimanche 15 avril 2007, alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire égyptien. Il comptait effectuer une tournée dans plusieurs pays arabes pour réaliser un reportage sur « la situation des libertés » pour la chaîne El Hiwar dont il est le correspondant au Caire. Son interpellation a eu lieu alors qu’il se trouvait déjà au bord de l’avion. Ces faits interviennent deux jours après que des agents des forces spéciales aient pénétré son domicile familial pour procéder à son arrestation.
Absent de son domicile au moment des faits, Monem a été informé des intimidations et des menaces subies par ses parents avaient lors de cette visite. Il avait exprimé à un de ses amis son appréhension et son inquiétude pour sa sécurité et celle de ses parents menacés de visites quotidiennes par les forces de l’ordre, et avait pensé se rendre aux autorités. Finalement, et avec le conseil de ses avocats, il avait décidé d’y renoncer avant de connaître la nature exacte des éventuelles charges qui pèseraient sur lui surtout qu’aucune accusation n’a été officiellement portée à son encontre.
Quelles sont les charges qui pèsent sur Monem ?
Après son arrestation, Monem a été conduit au commissariat de Chobra El Khima, qui n’est pourtant pas le commissariat de son lieu d’arrestation, où il a été mis en examen pour plusieurs chefs d’accusations dont « appartenance à une organisation illégale », « prise et détention d’images susceptibles de perturber l’ordre public », et « organisation de réunions secrètes visant à troubler l’ordre public ». Il est également reproché à Monem « d’attenter à l’image du régime égyptien » et de « discréditer les autorités en les accusant de recourir systématiquement à la torture dans les prisons et les locaux de la police ». Il lui est également reproché l’« association avec des organisations des droits de l’homme pour salir l’image du régime ».
Quelle est la situation juridique actuelle de Monem ?
Suite à cette première audience, Monem a été placé en détention provisoire pour 15 jours renouvelables. Il a été en suite transféré à la prison de Mahkoum dans la localité de Tora au sud-est de la capitale. Le mardi 24 avril, le tribunal de Chobra El khima a statué sur la détention provisoire en présence du journaliste. Selon de nombreux témoins présents sur place, le palais de justice était encerclé par des dizaines de policiers et d’agents de la sûreté de l’Etat empêchant quiconque de s’approcher de l’entrée du bâtiment. Le juge en charge de l’affaire a décidé de prolonger la détention de 15 jours supplémentaires.
En effet, la justice égyptienne peut ainsi prolonger jusqu’à 6 mois la détention provisoire du jeune journaliste avant de le juger. Cette perspective laisse envisager le pire et tous ceux qui se mobilisent pour sa libération craignent que cette détention ne serve, en fait, à exercer des pressions morales et physiques sur Monem afin de briser sa volonté. Des inquiétudes fondées, surtout qu’il a déjà été torturé pendant son incarcération en 2003. D’autre part, Monem risquerait de très lourdes peines de prison si ces accusations venaient à être confirmées par le tribunal.
Comment les parents de Monem réagissent-ils à son arrestation ?
Depuis l’intervention musclée des forces spéciales à son domicile, la santé du père de Monem s’est considérablement dégradée. Le jour même, dans une vidéo enregistrée par un de ses amis et alors qu’il était considéré en fuite, Monem exprimait déjà son inquiétude sur la santé de son père et sur les conséquences du harcèlement policier envers ses parents. Trois jours après l’arrestation de son fils, il a été admis aux urgences de l’hôpital d’Alexandrie pour des problèmes cardiaques qui ont nécessité son hospitalisation. À peine sorti, il est à nouveau conduit aux urgences, le 27 avril alors qu’il se trouvait dans un état comatique depuis la veille suite a une crise de foi. Crise qu’il a eue après avoir appris qu’il ne pouvait pas rendre visite à son fils dimanche prochain. Ses derniers mots avant de perdre conscience étaient : « je veux voir mon fils avant de mourir ».
Est-ce que c’est la première fois que Monem est arrêté ?
Monem n’est malheureusement pas à sa première arrestation. Le 14 Janvier 2003 il a été enlevé avec 14 autres membres des Frères Musulmans alors qu’ils participaient à une réunion d’organisation en protestation contre la guerre en Irak. Après son arrestation musclée, il a été mis en examen pour « appartenance à une organisation illégale » et incarcéré, « pour les besoins de l’enquête » à la prison de Mazraat tarh. Initialement prévue à 15 jours, son incarcération va durer 4 mois pendant lesquels, Monem a connu les intimidations, les brimades et la torture physique et morale.
Dans un récit émouvant le blogueur égyptien revient sur les détails de cette incarcération dans un billet intitulé « le 4e anniversaire de la torture du détenu numéro 25 ». Le titre faisant référence au numéro qu’il devait donner à chaque fois qu’on lui demandait de s’identifier lors de son passage « pour investigation » au siège principal de la sûreté de l’Etat. Le 14 avril, lors de la 5e conférence du Caire, le journaliste est revenu sur cet épisode douloureux.
Le 12 Mars 2006, il est encore interpellé avec 66 membres des Frères Musulmans d’Alexandrie alors qu’ils participaient à une manifestation de soutien à des magistrats sous le coup de mesures disciplinaires. Cette fois-ci Monem écope de six mois de prison pour « manifestation et trouble de l’ordre public ».
Pouvez-vous me donnez plus d’information sur le parcours de Monem
Monem est licencié en droit de l’université d’Alexandrie où il était l’un des leaders des mouvements estudiantins, et diplômé en journalisme de l’université du Caire, Il est également l’éditeur de la version anglaise du site Internet de l’organisation et le correspondant au Caire de la chaîne arabe El Hiwar.
Quel genre de blogueur est Monem ?
Il tient depuis octobre 2006, un mois après sa sortie de prison, Ana Ikhwen (Moi, Frère), un blog au titre éloquent. Le premier tenu par un membre des Frères Musulmans, ouvrant ainsi la voie du blogging à plusieurs de ses membres.
Monem a également utilisé son blog pour prendre position en faveur du blogueur Abdel Kareem Nabil Soliman, condamné à quatre ans de prison pour des textes jugés, par les autorités, insultants pour l’islam et le président. Dans un billet intitulé : « Liberté pour les frères, liberté pour Karim Amer, liberté pour l’Egypte » il explique que malgré les profonds désaccords avec les idées de Karim, il ne peut que le soutenir face à « l’état oppresseur et corrompu ». Soutien qui lui a valu de vives critiques au sein même de sa communauté.
Monem est une des figures emblématiques d’une nouvelle génération au sein des Frères Musulmans mais également de la scène militante égyptienne. Par son courage et son ouverture d’esprit, il a su imposer le débat et l’esprit critique parmi ses « frères ». Sur son blog on n’hésite pas à discuter les avis des responsables et leaders de l’organisation. En inspirant plusieurs de ses camarades, il a réussi à donner un visage humain à cette organisation tant diabolisée par les médias et permis à beaucoup d’Égyptiens de découvrir le quotidien des familles des prisonniers politiques face à la machine impitoyable des tribunaux militaires qui agissent dans le cadre des lois anti-terroristes.
Qu’en est-il du travail de Monem en tant que défenseur des droits de l’homme ?
Il était également parmi les premiers à se rendre au Darfour où il avait pu s’entretenir avec les principaux responsables soudanais. Il est aussi membre actif de plusieurs organisations dont « le Comité National pour la Défense des Prisonniers d’Opinions » et « le Comité de coordination du combat contre l’agression de l’Irak et de la Palestine ». À travers son blog (Ana Ikhwan), il a permis à beaucoup d’Égyptiens de découvrir le quotidien des familles des prisonniers politiques face à la machine impitoyable des tribunaux militaires qui agissent dans le cadre des lois anti-terroristes.
Il a également utilisé son blog pour prendre position en faveur du blogueur Abdel Kareem Nabil Soliman, condamné à quatre ans de prison pour des textes jugés, par les autorités, insultants pour l’islam et le président. Dans un billet intitulé : « Liberté pour les frères, liberté pour Karim Amer, liberté pour l’Egypte » il explique que malgré les profonds désaccords avec les idées de Karim, il ne peut que le soutenir face à « l’état oppresseur et corrompu ». Soutien qui lui a valu de vives critiques au sein même de sa communauté.
Comment Monem est-il une menace pour gouvernement égyptien ?
Les autorités égyptiennes s’exercent systématiquement à éliminer tous les éléments éclairés et réformateurs de la scène politique et militante du pays. Comment ne pas voir derrière ces accusations montées de toutes pièces et ces incarcérations à répétitions, une volonté de faire taire Abdel-Monem Mahmoud, devenu symbole de tout ce qui fait peur au régime égyptien ? Symbole d’une génération solidaire autour des valeurs de liberté et de dignité humaine loin des clivages dans lesquels on s’emploie à les cantonner.









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